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CE 100% EST COMPLET En terme de mythologie culinaire, peu de pays rivalisent avec le Japon. C’est sans doute pour cela que Paris-Tokyo reste un axe imaginaire indéfectible, une ligne de vie pour les amoureux de la chair. S’envoler pour l’Asie, sentir la moiteur et les parfums qui submergent Kyoto demeure l’un des kifs les plus absolus pour le mangeur contemporain. La France, en sens inverse est une mythologie pour le Japon. Chaque année des centaines de jeunes chefs – sans parler bien entendu du tourisme – s’expatrient pour une durée indéterminée afin de découvrir la cuisine tricolore. Ils restent de plus en plus longtemps, épousent une forme de liberté tout autant que les contraintes de la cuisine classique. Parfois même, ils restent, comme Katsumi Hishida – l’un des premiers à avoir marqué le territoire – et plus récemment Hiroki Yoshitake. Rien, alors, ne vaut leur regard sur nos territoires, leur technique sur nos produits. Durement frappé il y a quelques mois dans sa terre sacrée, le Japon se recompose après Fukushima. Le diner à quatre main de ce soir n’est qu’une modeste – mais formidable – façon de remercier un pays qui a tant fait pour la cuisine. L.D. Katsumi Ishida (En Mets fais ce qu’il te plaît, Lyon) Autant le dire tout net : Katsumi est l’un des chefs préférés d’Omnivore. Parce qu’il a du caractère et une forme innée de cuisine. Derrière son fourneau, le miracle arrive toujours avec lui : anguilles découpée selon les règles de l’art et grillées ensuite à la perfection, à la fois croustillantes et fondantes en bouche, giboyeuses et douces au palais. A la manière de ces vignerons de la Vallée-du-Rhône dont il admire le travail sur des syrah natures, il travaille dans la même pureté simple les calamars saisies vivement et rehaussées de fines lamelles de chorizo et de la pointe d’acidité d’une orange sanguine. On peut parfois faire des milliers de kilomètres pour tomber amoureux du kaseiki, la grande cuisine nippone. Il suffit de prendre le train rapide pour se retrouver dans l’univers ensorcelant de Katsumi. Loin du Japon? Dans le résultat peut-être, dans l’esprit surement pas. 43, rue Chevreul 69007 Lyon. Tél. : 04 78 72 46 58
Hiroki Yoshitake (Sola, Paris) Hiroki Yoshitake a fait ses gammes dans le restaurant français « La Rochelle » du célèbre chef Sakai. Première expérience et déjà la cuisine française marque l’ADN du jeune cuisinier japonais. La deuxième expérience décisive commence en 2009 en France : six mois à L’Astrance de Pascal Barbot, un vrai choc. Et quelques mois plus tard, c’est l’ouverture de son premier restaurant, Sola. L’approche d’Hiroki en cuisine est japonaise : lever, tailler, ciseler, observer, respecter. Ses produits, eux, sont essentiellement français. Sa façon de saisir au vol, de frire vite, de faire frémir, de cuisiner léger penche du côté de sa terre natale. La sublimation de ses sauces et de ses jus se situe, elle, plutôt du côté de sa terre d’adoption. Au-delà de ces influences qui ne cessent de dialoguer au fil des plats, c’est la délicatesse et la simplicité de sa cuisine qui frappent. www.restaurant-sola.com
Les profits de ce dîner seront intégralement reversés en solidarité avec le Japon.
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