Edito

Toute une histoire

Plus qu’ailleurs dans le monde, Omnivore et Montréal sont en amour. La rencontre d’un festival et d’une ville, des liens presque intimes qui se nouent depuis près de cinq ans, la première fois où l’équipe a débarqué de Pierre Elliott Trudeau, sans trop savoir à quoi s’attendre. Depuis, des personnages se sont dessinés, des relations fortes se sont nouées. En reprenant chaque ligne du programme 2015, on tire ainsi le fil et chaque nom comme le récit d’un déjà long et beau roman.

 

On se souvient de la première rencontre avec Stéphanie Labelle et du moment, deux ans plus tard, où elle nous annonce la création de Cirkus avec son cheum. On revoit Ségué Lepage lors d’un pique-nique l’an dernier à Triple Crown, il parle de son implication dans la charcuterie. On serre la pogne de Guillaume Kittel, il est tout ému du premier souper dans sa brûlerie. On loue la patience de Seth et Michelle face à l’invasion barbare du festival dans leur cuisine de la SAT. On se délecte du petit déjeuner créé de toute pièce à partir du cochon par Marc Cohen. En pleine démonstration, Martin Juneau reçoit l’appel de sa femme, enceinte, à quelques heures de l’accouchement, il décroche mais ce n’est pas pour tout de suite. Marc André Leclerc fait « poper » ses chicharones comme personne et sourit, comme un enfant.

 

Toutes, tous, montent encore une fois sur scène pour cette quatrième année. Comme une filiation, l’envie d’être ensemble et, surtout, de partager. En accueillant bien sûr une bande de nouveaux, Maillard, Coté, Peters… Omnivore  agrandit la famille, mélange le tout avec des hôtes venus hors frontières. Avec eux aussi le récit est tramé : Anton Kovalkov a déjà fait chavirer Moscou, Romain Tischenko hypnotisé Paris. Quant à Pascal Barbot, invité exceptionnel de cette 4e édition, on l’a connu tout petit, alors même qu’il ouvrait son Astrance, devenue mythe.

C’est à toutes ces rencontres que vous êtes conviés par Omnivore Montréal, quatrième édition. À vous d’y apporter votre pierre, d’en repartir avec vos « je me souviens » qui demeure, à ce jour, la plus belle des devises. Omnivore se charge de vous raconter ses chefs. À vous de faire votre propre histoire.

 

Luc Dubanchet
Fondateur d’Omnivore