Edito

Cuisine, sauce québécoise

 

Chez Omnivore, on a beaucoup ri – jaune comme pas mal d’entre vous, hein, David McMillan – en lisant dans la presse il y a quelques mois la satisfaction de ce ministre qui affirmait que, enfin, grâce à l’arrivée d’un grand chef Français au Casino de la ville, Montréal allait se trouver sur la « carte » de la gastronomie mondiale… Enfin ?

Comme si Montréal avait attendu la cuisine française et l’un de ses représentants les plus émérites pour exister. Comme si, bande de chefs québécois, vous étiez bien incapables de vous faire connaître vous-mêmes dans le monde entier – pas vrai Dave, Fred, Normand, Martin ? Et comme si nous, chez Omnivore, on avait attendu cette absolution divine pour franchir le Saint-Laurent !

 

En six ans d’amour avec Montréal, Omnivore a invité une bonne douzaine de chefs d’ici dans son World Tour, provocant chaque fois cette chose si particulière entre la cuisine montréalaise et le public mondial, un crush, un béguin, cette chose inexplicable qui arrive pourtant si souvent avec le Québec.

 

Et chaque fois, en retour, et pour la sixième fois, Omnivore est revenu chaque août ou septembre à la SAT, comme si on ne pouvait pas se passer de vous, les gars. Et c’est vrai, qu’on ne peut pas se passer de Montréal sur la scène culinaire mondiale. Tant elle apporte par sa mixité de cultures, sa capacité à avancer sans œillères en intégrant le populaire et l’exigence, le goût nord-américain et les influences européennes, asiatiques, sud-américaines.

 

C’est cette cuisine Montréalaise qui nous excite depuis le début, cette capacité unique à intégrer le monde, à le digérer, pour mieux le recracher, sauce québécoise. Et c’est pour tout cela qu’on a placé depuis bien longtemps, le drapeau bleu/blanc à fleur de Lys sur la map mondiale de notre appétit. Pour ça, aussi, qu’Omnivore vous dit : merci, les chefs de Montréal.

 

Luc Dubanchet

Fondateur d’Omnivore