Omnivore Paris 2019 > 10-12 mars

5 frères pour 1 camembert

Dans leur ferme familiale, en Seine-Maritime, Charles Bréant et ses quatre frères se sont lancés depuis trois ans dans la production rare de camembert au lait cru, moulé à la louche et à la main : le 5 Frères de Bermonville. Une success story à écouter sur la scène Artisan le 10 mars.

Comment est né le camembert Le 5 Frères ?

Charles Bréant : C’est d’abord une histoire de famille. Avant j’étais salarié dans une banque et dans un cabinet de conseil. Il y a trois ans maintenant, nous avons développé avec mes quatre frères (Pierre, Victor, Côme et Martin) l’atelier de transformation d’une partie du lait produit sur l’exploitation familiale tenue par mon père et mon grand-père dans le hameau de la Cayenne en Pays de Caux, en camembert. On est associés et on se divise le travail entre l’élevage, la culture, la commercialisation…

 

Pourquoi avoir choisi le camembert ?

C’est important de rappeler que nous sommes en production fermière, donc artisanale. En Seine-Maritime, il existe très peu de fromages fermiers. On est donc partis sur le camembert parce qu’il y a un vrai besoin des consommateurs, ils ont envie de retrouver ce produit-là dans les fromageries et petites épiceries. Et puis surtout, c’est un fromage qui correspond à notre terroir, le camembert en Normandie, ça a du sens. On connaît le beurre, la crème, le lait… mais le camembert fermier, c’est plutôt rare. Et le fait d’être en dehors de la zone AOP (depuis 2008, la Seine-Maritime ne fait plus partie de la zone AOP, ndlr), ça ne change pas grand-chose, car on respecte le cahier des charges de l’appellation, on fait tout à la main, on travaille des crus, ce sont des vaches de race normande… On ne peut pas mettre le macaron AOP, mais ce n’est pas grave, pour moi ce qui compte, c’est vraiment la qualité de notre fromage.

 

À (re)lire, la tribune de Véronique Richez-Lerouge, Présidente de l’association Fromages de terroirs., dans Libération.

 

Vous avez voulu moderniser un peu l’image du camembert traditionnel avec votre étiquette ?

Oui. C’est pour ça qu’il n’y a pas de vache normande, pas de pré, dessus. Même si ce sont des choses vraiment très importantes pour nous, on voulait moderniser l’image du camembert. Donc sur l’étiquette on peut lire notre histoire, c’est-à-dire qu’il y à 5 portions, qui correspondent aux 5 frères, il y a l’horizon, et le bleu du côté maritime. Voilà un peu l’histoire de notre camembert…

Propos recueillis par Jeanne Favas

 

Charles Bréant sera sur la scène Artisan le dimanche 10 mars, à 11h35.