MANGER

En auditeurs libres au Récepteur

  • En auditeurs libres au Récepteur

Chaque mardi, Omnivore se met à table. Retour à Paris, à deux pas de la Maison de la radio dans ce XVIe gastronomiquement désertique, au Récepteur.

Gyannis, passé de l’ambiance palace à Syntagma, chez lui en Grèce, au bistrot de quartier dans le XVIe, a toujours de quoi régaler. Sept jours sur sept, à côté de la Maison de la radio (« récepteur », vous l’avez ?), avec vue sur le marché de la rue Gros. Son œuf mayo recomposé avec son blanc haché, sa crème relevée de chorizo et de ciboulette, est un must à midi.

 

Poulpe. Quelle que soit la recette, son poulpe est l’un des meilleurs goûtés à ce jour, à Paris : cuit au bouillon et marqué juste avant service est une incarnation réelle de la tendreté. Lundi soir, il vibrait au milieu d’un dîner dégustation d’une simplicité et d’une justesse réconfortante.
Une parenthèse d’hiver qui avait démarré avec des gambas juste snackées avec des légumes de saison nageant dans un bouillon thaï corsé, racé, d’une fraîcheur herbacée assez inouïe. Le ceviche de Saint-Jacques, gelée de clémentine et pickles de fenouil et oignon remettait une charge avant l’arrivée d’une merveilleuse revisite de l’os à moelle, avec des anchois, posé sur une tuile de pain de campagne. Quant à la cuisson du cabillaud qui a suivi avec sa purée de topinambours et ses champignons séchés, Gyannis la maîtrise aussi bien que celle du cochon, qui lui, était assorti d’une embeurrée de chou rouge qui fait oublier les cauchemars de cantine et d’une purée à l’ail et jus réduit à se damner. La tarte au citron et ses quartiers d’agrumes relevés de menthe fraîche a conclu ce repas sans faute de goût.

 

Fusion. Dans le verre Sébastien, lumineux hôte à principes sains, sait toujours exactement quoi mettre pour servir la cuisine de Gyannis. Là, il a dégainé un Fusion de Vincent Marie. De gamays d’Auvergne et du Beaujolais et des jus de deux cuves, une à grappes entières et l’autre en macération carbonique. Au palais, une expressivité dingue du fruit, et cette légère perlance qui fait la joie du buveur allergique aux intrants. En se renseignant, on découvre que Vincent Marie a baptisé sa cuvée du nom d’un style musical mix de hip-hop et de rock puissant.
Au Récepteur, tous ses messages furent reçus cinq sur cinq. AV

 

Le Récepteur

3 avenue Théophile Gautier
75016 Paris
01 42 88 56 46 / lerecepteur.fr

Tlj. 7h30-22h30