Sélection Ewen Lemoigne

«Rayure» 2007

Jean-Marc Brignot

Le vigneron

Le domaine du Grand Curoulet, est l’un des plus beaux terroirs d’Arbois. Une petite combe en coteau regardant vers l’est. Il est arrivé en 2004 après un gros pétrochimiste qui lui a laissé des vignes malades. Jean-Marc est un vrai ours brun mais d’une douceur et d’une générosité incroyables. C’est quelqu’un d’hyper cérébral, d’hyper sensible. Il vinifie en se connectant littéralement à la matière, que ce soit à la cuve ou au pressoir. Ses vins sont d’une sensualité, d’une sauvagerie, hyper sexe, et en même temps d’une grande finesse et d’une grande sensibilité. »

La bouteille

« En 2006, il sortait d’une séparation amoureuse, il a eu une absence. En 2007, catastrophe, grêle. Il a décidé de tout vendanger et de tout mélanger, blanc et rouge, savagnin, trousseau, chardonnay, poulsard. Le raisin a été égrappé à la main sur un tapis de planches perforées afin de séparer les grumes des rafles sans qu’elles libèrent leur jus. Il l’a encuvé et laissé macérer quatre mois. Il ne voulait pas regarder. Quand il a ouvert la cuve, il n’y avait pas de vin. Tout était dans le raisin. Le peu de jus était remonté en haut, les raisins s’étaient habillés d’une pellicule blanche comme une petite laine pour passer l’hiver. Il a mis en bouteille en juillet après un élevage très court. Le nom « Rayure », c’est à cause des couches de différents raisins dans la cuve, que l’on retrouve dans le spectre du vin. Le savagnin doré en socle, puis le trousseau lié au chardonnay, le poulsard en effigie. C’est un vin d’une grande luminosité, quasi aveuglante, comme un blanc immaculé. Pétillant, salin, animé, dynamique, stratosphérique, la vie quoi ! »

L’accord

« C’est un vin universel. Un vin de partage, de pique nique ou de coquinerie. Je l’adore avec des poissons crus, des salades, un petit cochon de lait tout craquant… »

Propos recueillis par Stéphane Méjanès