CORONAVIRUS

Confinée, la cuisine se bouge

D’ici à la sortie du confinement, Omnivore relaiera les initiatives et préoccupations des chefs et des restaurateurs qui sont nombreuses en cette période de crise sanitaire sans précédent.

On leur a dit qu’ils n’étaient pas indispensables à la vie de la nation. Ils ont encaissé, désinfecté les plans de travail et vidé les chambres froides en réfléchissant à prouver le contraire, rebelles et responsables. La première obligation morale consistant à ne pas jeter. Dans l’urgence, Arnaud Laverdin et la bande de Sapnà ont distribué le frais sur le trottoir, devant le restau. Et l’hyperactif Jean Sulpice, au défi du confinement, a  passé un max de stock en bocaux stérilisés, dealés à la boutique.

Des bocaux, on en a lancé aussi chez Neso, donnant à Guillaume Sanchez l’occasion de politiser sa chère fermentation, et le télégénique Marco a filé les produits laitiers de Goguette à son boulanger, et à Montpellier Cyril Garcia, renonçant à la vente à emporter, a donné les stocks de son micro-restau à des assos.

 

À prix coûtant

D’autres continuent de servir de passeurs, mains gantées, entre ces chers producteurs et artisans qui continuent d’aller aux champs.

À Lille, Florent Ladeyn laisse ouverte la porte du Bierbuik pour dealer les paniers de son cher Dries Delanote à prix coûtant. Et comme il passe le reste du temps à faire l’école à la maison à son petit Kobe, il a calculé  que pour 1€ de plus, s’il en faisant autant, tous les cinq paniers, il serait capable d’en offrir un aux infirmiers du CHRU.

 

Imaginaire

À Anvers, Lars Block de chez Zoen et les gars de l’Atelier Maple ont préparé des asperges à la flamande pour les infirmières de l’hôpital. Les fameuses asperges que Romain Pouzadoux attendait, sans savoir s’il pourra rouvrir l’Imaginaire avant les dernières. Au repos forcé dont ils n’ont pas l’habitude, il épluche avec ses fils. Avec l’envie de donner du sens à tout ça.

Amélie Riberolle, et la team Omnivore