Omnivore Nord : In Le Touquet we trust

Festival

Le premier festival Omnivore Nord a commencé ce samedi matin au Palais des Congrès du Touquet-Paris-Plage. Un public au rendez-vous et des émotions déjà. Moments forts. 

On pensait mettre en mots les vibrations ressenties lors de cette première journée de festival avec Le Touquet du BBC Dance Orchestra dans les oreilles. La couleur locale teintée de britisherie en doudoune (avec ou sans manche) y portait naturellement…

Et puis Florent Ladeyn a chaussé ses lunettes à la Gims et sorti sa playlist dans le foodtruck du Bierbuik sur l’esplanade du Palais des Congrès du Touquet-Paris-Plage. Entre une bière de saison au foin tirée, deux barquettes de frites au maroilles et son hot dog envoyés, une chorégraphie des 2B3, du zouk, Johnny… Et nous a tout bouleversé. Il l’avait dit : « Omnivore, c’est mon carnaval de cuisinier ». Demain, il ouvre la journée sur la Grande scène, à 10h30. Ça promet. 

Le Parrain

La première masterclass du jour, elle, a été comme chacune des œuvres d’Alexandre Gauthier sur la Grande scène d’Omnivore, d’une classe folle. Chargée de sens pour le parrain de l’édition, qui avait à cœur de donner la « liberté de piocher dans le territoire » avec des séquences qu’il a créées pour la Grenouillère. Il a apporté son premier croc à Aitor Alfonso sur la Grande scène. Ce souvenir aura le goût d’une asperge. Et il a allumé les premiers feux avec du colza, « qui amène un goût et une vraie lumière. » Ce sandwich de couteaux avec des filets de vive en guise de pain et son kombu en tempura pour reconstituer la plage… Et que dire de cette vidéo projetée sur l’écran géant de l’auditorium Victor-Boucher pour montrer toute l’intensité du travail engagé dans sa cuisine à la Madeleine-sous-Montreuil ? Elle a certes fait grimper le mercure et fuser les rires mutins quand la brigade s’est mise à cuisiner torse nu, mais elle a surtout fait sauter aux yeux toute la modernité d’Alexandre Gauthier. 

Nous l’avons retrouvé juste après sur la scène Artisan… Il s’est mis plutôt derrière la scène, élégamment, pendant que, devant, les Merlin nous révélaient les secrets de cette tresse IGP, fumée à la tourbe à Arleux, qu’Alexandre Gauthier utilise des têtes au foin dans ses créations, tels ses œufs mayo (montée à l’huile d’ail) fumé et fleurs d’ail. Et c’était lumineux, ce ping-pong entre le père, Lucien, et son fils, Bertrand. « J’ai grandi avec ça… Ça sent le feu… » Voilà. Alexandre Gauthier voulait nous interpréter son sens de la transmission, les Merlin l’ont incarné.

Le feu et la glace

Se remettra-t-on du « Si, si, la flemish » d’Aitor Alfonso en rebondissant sur les mots de Victor Avonds, la première représentante de la team Belgique – d’Anvers, où elle brille – invitée à Omnivore Nord à propos de son locavorisme ? Ou du « Plus boules la vie » lancé à David Wesmael pour parler de La Glacerie du fameux artisan glacier lillois, MOF venu réaliser une tartelette fraise rhubarbe tout en technique et une barre glacée créée pour l’occasion, à base de crémeux au distillat de bière et de mousse glacée de chicorée. Le « Zizou de la turbine » nous en aura bouché un coin, ne serait-ce qu’avec le mot du jour, « spatulabilité », et le challenge remporté, soit faire de la glace sous les spots.

Audrey Vacher
© Romain Guittet/Florian Domergue
 

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