Retours sur ce Nord magnétique

Festival

Trois jours de festival au Touquet-Paris-Plage, un franc succès. Et aussi trois animateurs qui faisaient leurs premiers pas sur les scènes d’Omnivore Nord. Voici leur ressenti et quelques beaux souvenirs. 

Grande scène

Sébastien Tantot, « un instant de grâce ». © F. Domergue

Présentateur : Aitor Alfonso

« Une première pour moi, qui a été un vrai plaisir ! Le plus beau, c’est la succession des invités, leur diversité : chaque masterclass est l’occasion de découvrir un personnage, une incarnation de la cuisine. Des cuistots parfois aux antipodes les uns des autres, d’une scène sur l'autre. C’est la magie d’Omnivore, la non-uniformisation et la compréhension du fait que ce métier peut prendre autant de formes qu’il y a de personnes. Du plus rompu à l’exercice au plus bafouillant, il faut prendre les gens qui montent sur scène comme ils sont, avec leurs forces et leurs failles. Même quand l’invité ne cuisine pas comme cela a pu m’arriver (mon bizutage à moi), on découvre quelqu’un, un corps, une conscience, une voix. Qui s’exprime dans sa version propre du langage culinaire. Avoir été le porte-voix de cela, c’est un privilège et un grand kif ! » 

Glenn Viel et Brandon Dehan, de l'Oustau de Baumanière, psychologie du goût et le souvenir comme ingrédient. Magistral. © R. Guittet

Le Bierbuik au foodcourt. © F. Domergue

« Baptême du feu pour moi aussi, qui relayais Aitor sur la Grande scène. C’est pas dur, j’ai tout aimé. La rigueur de Karen Torosyan, venu présenter en direct le montage de son célébrissime pâté en croûte, les fins de journée à faire la chenille et à hurler sur du Céline Dion avec Florent Ladeyn, le stand du Bierbuik qui aura décidément animé tout le foodcourt.

Le talk « Nique pas ta mer », avec Christophe Machuelle (au centre), et le célèbre pâté-croûte de Karen Torosyan.
© F. Domergue

Mais aussi la sincérité et l’intégrité de Nicolas Decloedt et Caroline Baerten, de Humus × Hortense, et puis ce moment un peu suspendu que nous a offert Christophe Machuelle, pêcheur à Dunkerque, en racontant sans fard la réalité de son métier. Mais aussi Manon Fleury et Laurène Barjhoux, ces immenses badass qui ont décidé de rendre le milieu professionnel dans un état plus propre que celui dans lequel elles l’ont trouvé. Toutes mes excuses aux photographes dont j’ai saboté le travail en mangeant les assiettes dressées prévues pour du shooting. Mais j’ai bien mangé. »

Les masterclass de la Grande scène sont visibles en replay ici.  

 

Scène Artisan

Dajo Aertssen et Valentina Giaccobe, torréfacteur urbain et sublimeuse de café, à Lille. © R. Guittet 

Présentateur : Peyo Lissarrague

« La scène artisan aura été marquée par l’engagement. » Celui des productrices et des producteurs sélectionnés en collaboration avec Sublimeurs, « de ces femmes et de ces hommes qui – par conviction, par empathie avec le vivant – choisissent de donner du sens, de renouer les liens humains et de faire vivre les écosystèmes alors que tout les pousserait au profit aveugle et à la facilité du travail désincarné. Leur passion, leur profonde humanité et leur rôle éminemment politique ont été le fil conducteur de ces trois journées, porté par le contrepoint vibrant des chefs venus mettre en goûts leurs produits. On n’oubliera pas de sitôt le récit des compteurs de fleurs récoltant à l’aube les pistils du safran de la Baie de Somme d’Anne Poupart, ni celui des chats traqueurs de rongeurs protégeant les escargots blonds de Myriam Grouselle de la Maison du Nombre d’Or. On se souviendra de la farine T80 du meunier octogénaire Émile Waast autant que du parfum entêtant de l’ail fumé d’Arleux du tout aussi jeune Lucien Merlin. Et puis de Simon Inglard, un peu inquiet d’avoir laissé ses arbres seuls dans son verger de l’Oise, de Peter Vandamme et son vin nature belge, de JB Cokelaer, le cueilleur intarissable aux belles larmes de joie… Grégory Ladessus, l’éleveur qui fait passer la liberté de ses moutons avant son chiffre d’affaires, eut le mot de la fin : « On n’est pas là pour donner des leçons, on est là pour faire. »

Alexandre Gauthier venu montrer l'artisanat subtil de l'ail fumé d'Arleux. © F. Domergue

 

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