Jour 1 : C’est parti !

  • © Romain Guittet
  • © Mickael Bandassak
  • © Mickaël Bandassak

Une météo idéale, un public au rendez-vous, masqué et discipliné, des chefs heureux d’être là, ensemble. C’est parti pour quatre jours de festival.

Outdoor

Premier augure d’un casting de programmation réussie, il émane des enceintes du DJ de la scène Outdoor : Kendrick Lamar, ça « file la pêche » à Guillaume Sanchez, premier invité de la scène nouvelle du festival Omnivore. Une scène qui s’ouvre, sort des cuisines. Où Raphaële Marchal, la toute nouvelle animatrice, leur parle beaucoup d’amour, de tout qui découle d’un cuisinier.

Fallait-il attendre pour repenser Neso par exemple ? C’est de la cuisine, mais c’est de la décision d’homme. « On a persévéré, pour tirer l’entreprise vers le haut, pour faire ce qu’on voulait, adapté à ma cuisine et a l’ambiance que je veux ». Du Guillaume Sanchez tout craché. Bien cash.

 

Mory Sacko, pantalon indigo, sourire éclatant, vraie fausse nonchalance avec ses grands segments à l’aise dans le canapé de la scène, visiblement heureux de parler à un public attentif. Le lieu, le moment et l’endroit idéal pour balancer : « Ce qui m’intéresse c’est de faire quelque chose de durable » Ça rassure, d’autant qu’on a bien écouté Benjamine Fajeau, productrice audiovisuelle invitée par Yves Camdeborde pour expliquer l’impact de la téléréalité sur le cuisinier, parlant des « monstres » que fabrique la dimension cathodique.

 

Inside

On a parlé racines et convictions sur la scène Artisan pour la première journée, démarrée sur les chapeaux de roue avec l’énergique et engagée Laure Fourgeaud, « agricultrice et affineuse » (et pas fromagère) de chèvre à la Ferme du Chatain en Dordogne. Agnès Lutun est venue parler de chicorée, racine du Nord qui se substitue au café aux tables de Florent Ladeyn, le plus locavore des chefs actuels, « passeur d’une histoire », grâce ce savant assemblage de grains, d’extrait, de malt acide et de tournesol torréfié. En live, le chef a sorti une betterave cuite dans la terre, « cuisson douce et intense, un peu comme Stéphane (Méjanès, animateur de la scène) ». Ou lui. À sa demande, son maraîcher fétiche, Dries Delanote (« Dries fait partie de ceux qui ont beaucoup de flèches dans le dos, c’est à ça qu’on reconnaît les pionniers. »), fera pousser du gingembre dans le Nord.

Le CIVB en rêvait, Guillaume Muller (Garance, Paris) et Vivien Durand (Le Prince Noir, Lormont) l’ont fait : convaincre le public que le vignoble bordelais est en train de changer, ne faisant déguster que des blancs, pour sortir des bordeaux « lourds ». « Ceux qui ne mettent pas du bordeaux sur leur carte c’est ceux qui ne vont pas les chercher. » Dixit Vivien Durand.

Panda Panda, Victor Mercier (FIEF, Paris), Alessandra Montagne et Adrien Cachot étaient les quatre premiers à inaugurer les food corners de chefs. La file d’attente devant le stand de ce dernier pour un stick d’aligot faisait autant plaisir à voir que celle devant le Food T de Transgourmet investi par Gianmarco Gorni, son camarade d’équipe de Top Chef, pour de l’échine de porc façon vitello tonnato. Muy bonito.

Vivement demain. AV