Manger

La guerre des boulettes

2014 sera boulette ou ne sera pas. Ce n’est pas du Malraux, mais du Omnivore. On y croit à moitié en fait, après avoir testé deux néo-cantines.

Balls. C’est le dernier né de tous ces restaurants-concepts qui fleurissent ces derniers mois comme la listeria – et dépérissent parfois aussi sec. Les boulettes, justement, Balls entend bien les remettre au goût du jour. Pour 13,5€, la formule du midi en regroupe cinq dans l’assiette (bœuf, agneau, poulet, porc ou veggie au choix) + une sauce (tomates ou yaourt/herbes) + un accompagnement (lentilles feta/courgettes, purée de patates douces, risotto au champignons, polenta crémeuse ou salade d’endives/agrumes) et une boisson. Sur le papier, la proposition est plutôt correcte. Ça se corse quand au bout de 45 minutes, toujours pas la moindre petite boulette. On mange son pain en silence, coincé comme des sardines au « contre-comptoir », invention maison admirable qui réduit la salle d’attente à une planche collée au mur des toilettes.

 

Quand les boulettes de bœuf arrivent, elles ne sont pourtant pas cuites et la sauce tomate est fade. Les boulettes d’agneau sont sur un tiède tirant largement vers le froid. La purée de patates douces, agréable et relevée, la carte des vins et des bières artisanales sauvent difficilement le tout.
À quelques stations de métro de là, Café Moderne sert lui aussi, en plus d’excellents cocktails, des boulettes depuis plus d’un an, dans une ambiance bistrot réussi. 14€ la formule du midi avec entrée (œufs à la coque, sur le fil mais décent) boulettes servies pour l’occasion avec des frites maison au paprika et une sauce aux champignons. Le café est inclus. Certes, c’est un peu grassouillet mais gentiment régressif et assez cohérent.

Qu’en conclure? Que la guerre des « meatballs », avec ses approximations et ses coups de marketing, vient tout juste de commencer. Et que la bataille n’a pour l’instant rien d’épique.

TD