Manger

Michel est sorti du garage !

Ça y est, Michel est en service depuis ce midi. Le foodtruck d’Alexandra Mazzia a été un petit soleil dans la grisaille des rideaux baissés phocéens.

Alexandre Mazzia avait renoncé à nous l’amener au festival, où il n’aurait pas dépareillé avec les quatre autres sur l’esplanade du Parc Floral de Paris. Michel toussait trop. Mais ça y est, Michel – du nom du grand-père maternel du chef marseillais –, stationne sur le bord du trottoir du gastro AM, rue François Rocca.

Sur l’ardoise, un message, pour commencer : « Merci Jean-Baptiste Anfosso », pour saluer son producteur de légumes en permaculture.

Il est un peu plus de 11h30 et la file s’allonge, déjà. « Ça se mange chaud » ? demande une dame. « Ça », c’est un velouté de courge, et son morceau de comté de 24 mois qui vient titiller le palais et ouvrir l’appétit. La suite, c’est du Mazzia pur jus : du poisson, des épices, et l’audace de créer.

 

12 euros à emporter

Dans un pain pita fumé, merlu satay, butternut rôti, galanga, oignons confits, parfumés de coriandre, de cerfeuil, de ciboulette. Pour terminer : biscuit carotte, fenouil, chocolat noir, à déguster avec un agréable thé. Le tout pour 12 euros à emporter. « Certains pensaient qu’on allait vendre ça 50 ou 60 euros » sourit Alexandre Mazzia.

« Le but est de travailler des produits que peu de gens connaissent, comme la baselle, une variété d’épinards, de mettre en avant nos artisans et notre savoir faire en cuisine. C’est-à-dire d’apporter une valeur ajoutée et de faire tout de A à Z, ce qui est rarement le cas dans les foodtrucks », souligne le chef.

Il n’a pas fait tant de pub que cela sur son ouverture. Et pourtant, la centaine de pièces de merlu est partie en un peu plus d’une heure. Le menu est appelé à changer presque au quotidien, en fonction des arrivages de ses pêcheurs et autres producteurs.

Le foodtruck fonctionnera également lorsque le restaurant pourra rouvrir ses portes. Alexandre Mazzia et ses associés avaient trouvé un emplacement dans le 8e arrondissement, mais la procédure a été rallongée après que l’équipe municipale a changé.

Quentin Guillon