OMNIVORE PARIS 2020

Nadia Sammut en trois dimensions

Une fois de plus, comme souvent à Omnivore, une femme incarne une certaine idée de la cuisine. Nadia Sammut sera sur pas moins de trois scènes au festival.

Faut au moins ça pour prendre la dimension d’une démarche aussi simple – donner à manger sain et bon – que complexe – quel boulot ! Soit la cuisine au-delà de l’assiette.

Elle incarne la commensalité contemporaine, le partage à table, avec Kom&Sal, son entreprise de meunerie, boulangerie et pâtisserie, qui propose des produits sans gluten de qualité à l’hôtellerie-restauration et sécurise économiquement les agriculteurs du coin en leur offrant des débouchés et en incitant à la rotation des cultures. « Je veux faire essaimer une conscience alimentaire », nous affirmait dans l’un des nombreux entretiens que nous a accordés celle dont la vie, la cuisine et la conscience ont été durablement bouleversées par la maladie cœliaque dont elle souffre. Et puis, il y a l’Institut Cuisine libre, pour la formation, en ligne et à la Fenière, véritable lieu de vie et de transmission.

 

Transmission

La cuisine naturelle, la cuisine des femmes, la cuisine engagée ? Nadia a de qui tenir, puisque Reine, sa mère – qui la rejoindra sur la Grande Scène avec sa sœur Julia qui tient l’Épicerie l’Idéal à Marseille –, représente tout ça et bien plus depuis la fin des années 80 où sa casquette de gavroche a balayé les hautes toques de ces messieurs en cuisine. Aujourd’hui, Nadia occupe les fourneaux de la mythique et plus que jamais vivante Fenière. Elle se considère cheffe d’orchestre d’un projet « qui passe par l’alimentation, mais ne se réduit pas au restaurant », et à la Fenière, dit-elle, « J’impose la liberté et la joie, qui est aussi quelque chose qui se cultive. » Elle viendra parler de ce management très humain sur la scène Grand Angle. AV