Omnivore Paris 2019 > 10-12 mars

Day 3 : Love always

  • Adeline Grattard, entourée de sa famille Yam'Tcha pour clore le festival. © Romain Guittet
  • Le navet ivre de saké de Lionel Giraud. © Caspar Miskin

Chaque jour, un pressé de notre ressenti de choses vues et entendues sur les scènes. Mardi, fin de festival, marée de love.

Navet ivre

C’est une longue journée, comme celle d’un cuisinier, qui commence dans les draps de navet ivre de saké de Lionel Giraud (La Table Saint Crescent, Narbonne). « T’as vu, on dirait de la mousseline ? » lance le Narbonnais, les mains dans l’argile façon Patrick Swayze dans Ghost. Lui, bien vivant, venait pour la première fois sur la Grande Scène dire son amour pour son écosystème narbonnais via ce panais condimenté avec ses feuilles et le vinaigre de pin de la Clape.

Une halte aux Enfants du marché. Les rouges, emmenés par Masahide Ikuta rappelant que « le restaurant, c’est un lieu de rapprochement ». Autour d’une cervelle en tempura ou un turbot bien gras (c’est la vie, on vous l’aura dit). Ou chez Chef’s table at Maris Piper. Guillaume De Beer et sa bande continuent d’y écrire une histoire de potes d’enfance à coups de brochette de seiche, wrap céleri-anguille fumée.

 

Le baiser

Le goûter, c’est chez Sébastien Bouillet. Pour l’amour de la tradition, on fait exploser l’indice glycémique avec la tarte à la praline version Lyon-Tokyo. Ou sur la scène Artisan, avec un Christophe Gueguen-Marcantoni qui, par amour de la Corse et de sa belle, s’est « sorti les doigts » pour fonder Anatra. Parce que « la restauration, ce n’est pas un métier, c’est une vie. » Hervé et Catherine Bourdon sont venus de la presqu’île de Quiberon avec toute leur équipe, sauf le chien, dérouler l’intégralité d’un menu, sans mises en bouche mais avec une langoustine et une Saint-Jacques dans leur plus simple appareil. Ce qui a fait dire à une cliente, le saisissant par les épaules : « Votre cuisine, c’est comme l’amour ». CQFD ce baiser à Catherine en fin de masterclass.

 

Famille

Partie cultiver ses tomates au soleil, Amélie Darvas, loin des bruits de moteur, écoute pousser les fleurs dans le silence de Vailhan, faisant de l’huile d’un bouquet de roses qu’on lui offre. N’oubliant pas l’amour de son beau-père, ému d’être sur scène et de la voir grandir loin d’elle.

En fin de journée, c’est bien aussi l’amour qui donne tant d’énergie à Adeline Grattard, dix ans de Yam’Tcha. Une famille réunie sur scène, partager une daurade cuite vapeur à la feuille de lotus, l’huile chaude exhalant l’ail, la mandarine, l’amour, celui qui fait dire, les yeux brillants : « On est là. »

Amélie Riberolle