Omnivore World Tour Montréal 21>25/08

Grains de folie

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La deuxième journée du festival Omnivore à Montréal s’est achevée par un dîner caché dans une brûlerie et un quatre mains des enfants terribles de la cuisine québécoise.

Drôle d’endroit pour un dîner. Guillaume Kittel-Ouimet, de la société de café Kittel n’a pas hésité à ouvrir sa brûlerie pour un Roasted pop up qui a rassemblé plus d’une soixantaine de convives. Cyril Gonzales et Alexander Cruz (société Orignal) sont venus en voisins avec les superbes produits qu’ils collectent dans tout le Québec. Pour l’occasion, ils se sont même mis en cuisine avec un premier plat remarqué, tout en texture : carotte de Charlevoix, baies de sureau immatures dans un verjus de pomme, graines de tournesol, burgots de la Côte-Nord, huile de tournesol (pression à froid et décantation naturelle) et carvi de sauvage de Gaspasie. « On a pris ce que l’on avait dans le frigo, explique Alexander. On n’est pas des chefs, mais on fait à manger. ». Et il fait bien. Pour son plat, Aaron Langille attendait lui du poisson de rivière et du maïs. Hasards et retards d’acheminement des produits d’exception : ce sera finalement de la morue salée, de la betterave, du concombre œuf (une variété locale) et du navet de Kronos. « On s’adapte », commente le chef montréalais. Pareil pour Derek Dammann (La Maison Publique), dont on attendait une caponata et qui cuisine finalement une crépinette d’oie et foie gras, lentilles au bacon de sanglier, selon une vieille recette anglaise, le tout servi avec des cornichons et une mayo. « C’est pour la french touch, explique Derek. Ça fonctionne non ? ». A voir les assiettes largement saucées, on peut affirmer que oui.  La délicieuse Stéphanie Labelle (Pâtisserie Rhubarbe) prend la suite avec une tarte fabuleuse de légèreté, à la prune et à la ricotta.  Avant un petit noir d’Ethiopie et un « popsicle » (le miko local) au café.

 

Bien brûlés

A l’autre bout de la ville, sur le boulevard Saint-Laurent, au Majestique, le Maudit souper de Charles-Antoine Crète et Hugue Dufour (M. Wells Steakhouse, New York) est déjà bien entamé. Plateau de fruits de mer, saumon/melon/estragon pour se mettre en appétit avant le solide hot-dog M. Well kimchi/frites. On finit sur un dessert de Charles-Antoine, (stilton, meringue). Ou on commence c’est selon. Car au Majestique, la soirée s’achève fort tard. « J’espère que les gens ont eu du plaisir », lance l’enfant terrible en distribuant des coups à boire. Oh que oui ! Ils étaient tous bien brûlés (fatigués en québécois) et surtout très heureux de ce troisième et pénultième Maudit souper.

 

Marie-Laure Fréchet

 

Photos © Mickaël Bandassak