La Jeune cuisine s’enracine

À moins d’avoir passé douze mois à faire la popote sur une plateforme offshore ou d’avoir nourri en clandé lyophilisé l’astronaute Thomas Pesquet sur la station internationale en orbite, 2018 ramène inexorablement sur terre, dans une prise de conscience environnementale qui conduit naturellement à se poser de multiples questions sur d’où l’on vient et où l’on va. L’avenir n’est pas sans racines : ce sont celles qui nous raccrochent à la terre, nous redimensionnent dans un espace culturel et cultural – ce qui nous lie à l’agriculture – dont on sait déterminer de plus en plus les limites, cette zone d’un futur court de trente ans dont les scientifiques admettent aujourd’hui qu’il sera déterminant.

Et dans tout ça – la raréfaction des énergies fossiles, les questionnements de santé publique sur les intrants et pesticides, la capacité à nourrir à terme 9 milliards d’humains sur la planète –, elle se situe où la cuisine ? Il nous semble difficile, pour ne pas dire inconscient, de ne pas inscrire le cycle des festivals Omnivore à venir dans cette logique de questionnement qui part des racines (comment, quoi, pourquoi cultiver ?) et conduit nos semblables à définir leur goût de mangeur en corrélation avec leur responsabilité de consommateur.

Les 130 chefs, artisans, paysans, vignerons, sommeliers, sont autant d’invités et de passeurs de cette 14e édition du festival Omnivore. Comprendre et respecter les racines, pour mieux bâtir l’avenir.

 

Luc DUBANCHET
Fondateur et directeur d’Omnivore