Edito

Une histoire vraie

Je me souviens très bien de ce gars barbu assoupi sur un magnifique fauteuil dans le couloir de l’hôtel Normandy à Deauville à la fin des années 2000 – je dirais 2008 ou 2009, mais il y a eu tellement de festivals Omnivore depuis…

 

Il doit être six heures du matin après une très longue nuit d’une non moins très longue mais magnifique édition de notre festival de cuisine. La porte de l’ascenseur s’ouvre et je vois cet homme barbu plongé dans un profond sommeil, il est vêtu d’une veste de cuisinier. Il me  faut quelques secondes – si ce gars est bien un chef alors pourquoi ne dort-il pas paisiblement dans sa chambre hors de prix mais bien négociée pour le festival ? – avant de reconnaître manifestement Nuno Mendes. Un Nuno Mendes endormi, probablement très fatigué, sans doute un peu ivre, mais un Nuno bien réel.

Je ne raconte pas cette histoire pour me payer sa tête, mais au contraire pour montrer combien ces instants si humains, presque tendres, sont constitutifs et précieux pour Omnivore. C’est qu’en tant que pionnier, Nuno a participé au moins deux fois à des ouvertures : celle de son gastropub – le révolutionnaire Bacchus en 2006 – dans le quartier improbable à l’époque de Bethnal Green à Londres, et celle des toutes premières éditions, très expérimentales, d’Omnivore en Normandie. C’est pour ces raisons qu’on se réjouit de l’accueillir une nouvelle fois, cette fois-ci chez lui à Londres, après tant d’éditions d’Omnivore World Tour, pour cette deuxième année d’Omnivore à la Old Truman Brewery.

Toutes ces petites histoires, tous ces moments, ces partages amicaux, font partie intégrante de la famille Omnivore. Et il est certain que les chefs qui ont eu la gentillesse d’accepter de s’engager pour Omnivore cette année, donneront autant que Nuno a donné de sa personne, pour Omnivore et son public. Comme une histoire sans fin.

 

Luc Dubanchet,

Fondateur d’Omnivore